The Human Vapor




Une banque est dévalisée par un mystérieux bandit qui ne laisse aucune trace derrière lui. Pris en chasse par l'inspecteur Okamoto (Tatsuya Mihashi, vu dans Les Salauds Dorment en Paix), la voiture du voleur se renverse dans un ravin non loin de la maison de Fujichiya Kasuga, actrice de Nô retraitée malgré elle car manquant de moyen pour se produire à nouveau. Le rôle est tenu par la jolie Kaoru Yachigusa, la Otsu de la trilogie Musashi (Samourai) d'Inagaki.
Epaulée par la journaliste Kyoko (Keiko Sata), notre inspecteur ne lâche pas d'une semelle l'actrice, qu'il soupçonne d'être liée d'une manière ou d'une autre aux attaques de banques. Et raison lui est donné lorqu'il retrouve les billets volés chez elle. Un bibliothécaire du nom de Mizuno (Yoshio Tsuchiya, ayant joué dans Barbe Rousse), que l'on a croisé lorsque le détective filait l'actrice, vient alors se constituer prisonnier et s'accuse des vols afin de faire libérer la jeune femme. Lors d'une reconstitution, il fait la démonstration de ses pouvoirs et s'échappe. Toutes ses actions n'ont pour but que de récolter de l'argent afin de voir à nouveau jouer sur scène Fujichiya, dont il est éperdument amoureux. Amour funestement réciproque.



On apprend lors d'une interview qu'il donne à huis clos qu'avant d'être employé à la bibliothèque, notre homme était pilote d'avion de chasse. Mais le diagnostic d'un cancer l'obligea à mettre fin à sa carrière et à prendre cet emploi de bibliothécaire. Il fut un jour contacté par un savant qui, le sachant condamné, voulait tester sur lui une nouvelle méthode de guérison. Bien évidemment, cela a mal tourné et voilà notre homme transformé, capable de s'évaporer à sa guise.
Les policiers débarquent à la fin de cette interview, voulant le faire exploser mais une fois de plus, il s'échappe. Ils tiennent pourtant une piste afin se débarrasser de Mizuno et échaffaude un plan pour l'éliminer lors de la représentation de Nô qui a réussi à se monter entre temps : remplir la salle de gaz (!!) et y mettre le feu électriquement.
Notre bibliothécaire vaporeux voit enfin son rêve se réaliser et assiste à la représentation d'une pièce de Nô (peut-être Lady Aoi, mais rien n'est moins sûr) par sa bien-aimée. Cela nous conduira à une triste mais inévitable fin.



A la barre de ce film d'anti-super-héros de 1960 se trouve le trio magique de la Toho : Ishiro Honda à la réal', Eiji Tsuburaya aux sfx et Tomoyuki Tanaka à la production.
Comme tout un tas de petites perles de la s-f nippone qui leur sont dûes (Prisonnière des Martiens, The H-Man, Matango : Attack of the Mushroom People, Atragon), The Human Vapor (Gasu Ningen dai Ichigo, littéralement : le premier humain gazeux) est resté dans l'ombre de leur Godzilla (et vu la taille du bestiau, ça parait normal).
A son habitude, Honda maîtrise les passages à effets spéciaux concoctés de mains de maître par Eiji Tsuburaya et semble quelque peu être absent lors des passages "exclusivement humain". Mais il réussit à surmonter cela pendant la dernière demie-heure du métrage, sublimant la relation de nos amants tragiques.
Cette relation est par ailleurs renforcée par la normalité et la trivialité des rapports entre le détective et la journaliste (personnages archétypaux de la s-f japonaise s'il en est).



Il existe une version u.s. du film. Et comme à chaque fois pour les prod' Toho de l'époque qui traversent le Pacifique, le film est coupé et remonté mais cette fois sans scène additionnelle avec des acteurs yankee (à ce propos, je ne crois pas m'être vraiment remis de ce truc qu'est Godzilla, King of the Monsters. Non, mais Raymond Burr quoi, Raymond Burr !).
Avec l'ajout d'une voix-off, le remontage prend le point de vue de Mizuno, ce qui est une fausse bonne idée car tout le côté thriller / mystère passe à l'as (s'évapore ?) et annihile par la même occasion le côté onirique et éthéré de l'original.



Aux jeux des ressemblances, on pourrait invoquer Le Fantôme de l'Opéra, le Passe-Muraille, l'Homme Invisible voire le 4D Man de Irvin S. Yeaworth Jr. mais alors, faits sous influences (parce que bon, entre les champis de Matango et cet homme-fumée... vivent les 60s !).
Une suite devait sortir en 1963 et dans une logique d'exploitation, elle ne faisait aucun cas de la fin de The Human Vapor. Elle fut écrite par Shinichi Sekizawa (scénariste des Godzilla jusqu'en 1974), et devait s'intituler Frankenstein vs the Human Vapor mais elle ne vit jamais le jour. Mizuno voulait y ressuciter sa bien-aimée grâce à Frankenstein mais se retrouvait finalement à combattre le monstre du bon docteur.
Par contre, l'utilisation de la créature de Mary Shelley resta dans un coin de la tête de la Toho car en 1965 débarqua sur les écrans nippons Frankenstein vs Baragon suivi de War of the Gargantuas l'année suivante (avec toujours aux commandes notre Magnificient Trio).
Sur ce, je vous laisse avec un p'tit trailer :






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