samedi 12 septembre 2009

Symbol (Shinboru) - Hitoshi Matsumoto... suite

En attendant les premières reviews en direct du festival de Toronto, un spot tv pour la sortie japonaise du film laisse apercevoir quelques images de plus (merci twitchfilm).

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Vivement !

dimanche 16 août 2009

A Colt is my Passport (拳銃は俺のパスポート)







Un tueur à gages (Jo Shihido) est embauché pour abattre un boss yakuza. Mission qu'il exécute avec brio et professionnalisme avant de se retrouver dans le colimateur des yakuza en deuil et de ses anciens patrons ayant fait alliance. Accompagné de son jeune protégé (Jerry Fujio) et d'une serveuse en manque de repaire (Chitose Kobayashi), le chasseur se transforme en proie.



Réalisé par Takashi Nomura en 1967, A Colt is my Passport est typique des Nikkatsu Action (et commence à en annoncer la fin).
A la fin des années 50, la jeunesse nippone n'allait plus au cinéma que pour voir des films étrangers. Westerns, film de jeunesse rebelle et films noirs américains, Nouvelle Vague française... le plus vieux studio de cinéma japonais se devait de réagir et incorpora aux productions locales les codes de ces films qui attiraient tant de monde.
A Colt... est donc tout à fait dans cette veine : du film noir avec ce tueur hard-boiled en costard noir et une femme fatale, du western avec le final explosif et le thème principal (décliné de façon lounge/jazzy tout au long du film), ...
Même si on est encore loin de la destructuration narrative d'un Seijun Suzuki et de son La Marque du Tueur datant de la même année, A Colt... se sert déjà d'une histoire prétexte du tueur se posant des questions existentielles pour tenter et expérimenter visuellement et ce avec grand succès.

Comment faire passer les émotions aux spectateurs quand votre personnage principal est censé être le King of Cool et donc rester stoïque en toutes circonstances ? ""Facile !"" Ce sont la mise en scène et les décors qui font le boulot. Du Cinéma, en quelques sortes. Dans son entreprise, Nomura est secondé par le directeur de la photo Shigeyoshi Mine à qui l'on doit aussi celle du Vagabond de Tokyo ou de Bureau Detective 2-3. Photo à tomber, cadre au millimètre. Trois p'tits exemples, comme ça.

Le premier, c'est le contrat qu'exécute notre tueur à joues de hamster. Un émissaire des commanditaires lui montre l'itinéraire journalier de la cible (sortie de la maison en voiture, immeuble de bureau, ... l'émissaire et Shishido se trouvant dans le cadre) et lui explique les termes du contrat. Le jour J, la caméra répéte ces mouvements et enchaînement de plans, sans les deux hommes dans le cadre.





Un peu plus tard, on retrouve Shishido louant une chambre afin d'exécuter le contrat. Montage des préparatifs : assemblage de l'arme, mesure de la force du vent avec la fumée d'une cigarette et installation à la fenêtre . Nomura montre ainsi la rigueur presque maladive de notre tueur (aucune ellipse lors de préparatifs, quels qu'ils soient, tout au long du film), mais aussi la concentration du personnage via un jeu de cadre dans le cadre, isolant Shishido dans le plan (vue à travers l'ouverture dans le mur, cadre de la fenêtre tout juste ouverte...).




Chose amusante : tout comme dans La Marque du Tueur, Jo Shishido sera distrait par un animal alors qu'il s'apprétait à tirer (ici, c'est un oiseau) mais touche tout de même sa cible.



Le second passage, c'est lors de la planque de notre tueur et de son jeune complice dans la chambre de la serveuse au-dessus du restaurant. Les multiples lignes obliques (se croisant hors-champs) et perpendiculaires au cadre encombrent l'écran et enferment nos protagonistes, piégés qu'ils sont à ce moment du film, se sachant localisés, faits comme des rats. L'oppression est renforcée par l'unique et exigüe fenêtre ronde comme seule source de lumière.
(C'est aussi le moment choisi pour placer une petite ballade enka chantée "en direct" par Jerry Fujio.)




Le troisième et dernier passage, c'est le duel final entre notre tueur (s'étant "débarrassé" de son complice et de la femme en les mettant sur un paquebot) et une poignée d'hommes de main puis les boss yakuza engoncés dans une voiture blindée. Ce climax westernien se situe dans un immense terrain vague faisant office de désert, un immense vide contrastant avec tout le reste du film et son cadre toujours encombré, correspondant au moment où le personnage de Shishido se libère de sa condition de tueur à gages sur fond d'explosion ingénieuse.










Un excellent polar hard-boiled, rythmé, concis et plein d'action avec un Shishido monolithique à souhait qui, après avoir fait le tour des Etats-Unis via le festival Nikkatsu Action : No Borders, No Limits accompagnant la sortie du livre éponyme de Mark Schilling (dans lequel Jo Shishido dit que A Colt... est le film qu'il préfère parmis la foultitude qu'il a tourné) va sortir le 25 août prochain dans un coffret Nikkatsu chez Criterion avec d'autres perles du genre. Je vous laisse avec le thème du film.




Le coffret Criterion :


samedi 8 août 2009

Symbol (Shinboru) - Hitoshi Matsumoto

Record battu ! Quasiment 6 mois sans nouveau post, j'ai un peu honte (un peu seulement). Me revoilà avec une preview de film nippon (oui pour une fois je fais dans le ciné récent...).


Deuxième film du comique nippon issu du duo Downtown et à qui l'on doit le concept de Silent Library (mais si vous savez, le jeu où les participants doivent subir les pires épreuves sans un bruit, réunis autour d'une table dans une "bibliothèque"...) après son hilarant Dai Nipponjin (Big Man Japan, un kaiju barré toujours inédit chez nous), Hitoshi Matsumoto nous revient avec un morceau de pelloche ahoutofzissoueurldesque.

Dai Nipponjin :




Revenons à Symbol avec un p'tit synopsis :

Un japonais (Matsumoto) se réveille dans une grande pièce blanche sans porte ni fenêtre. Quand il actionne une protubérance phallique apparaissant sur un mur, une brosse à dent rose sort de nulle part et tombe sur le sol, entraînant une réaction en chaîne bizarre. Bientôt notre homme emprisonné se retrouve embringué dans des tentatives loufoques pour pouvoir s'échapper de cette pièce, faisant apparaître d'autres objets et créant une sorte de machine de Rube Goldberg dans laquelle une corde, une ventouse à chiottes et une cruche en terre cuite pleine de sushi pourrait être les clés de son évasion.

Pendant ce temps, dans une ville poussiéreuse, un catcheur mexicain masqué de vert répondant au nom d'Escargot Man se prépare pour un match important, sa famille se rassemblant autour de lui, inquiète de son apparente impassibilité...






Le teaser / trailer, qui n'en dit pas beaucoup plus sur l'engin :
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Quid de la brosse à dents rose ?

Un site officiel : http://symbol-movie.jp/
Il sera présenté au TIFF (le festival de Toronto) en septembre, dans leur sélection Midnight Madness.

Il va sans dire que je l'attends avec impatience ~(>'.')>


(Je reviens dans le courant de la semaine avec une chronique d'un Nikkatsu Action, et pas des moindres.)

jeudi 19 février 2009

Nikkatsu Action



Quelques posters Nikkatsu Action avec au casting Akira Kobayashi, Jo Shishido ou Tetsuya Watari en attendant la review de quelques uns de ces films...

















Et je vous laisse avec Tetsuya Watari chantant le thème du Vagabond de Tokyo de Seijun Suzuki.


mardi 17 février 2009

Zatoichi vs the Flying Guillotine






Le sympathique monde de l'exploitation étant ce qu'il est, le personnage de Zatoichi a lui aussi dû payer la rançon de la gloire cinématographique. Il a été parodié avec le tueur peroxydé en ayant après Sonny Chiba dans le premier Street Fighter (une inspiration du Zatoichi de Kitano ?) ou gentiment moqué dans Shokin Kasegi (The Killer's Mission) par le propre frère de Shintaro Katsu voire carrément plagié à travers le personnage d'Oichi the Crimson Bat (une photocopie au féminin du personnage de Zatoichi le temps de quatre films plutôt médiocres) ou les rip off taiwanais datant du début des 70s ...
C'est en cherchant des films mettant en scène la fameuse guillotine volante que je suis tombé pour mon plus grand bonheur sur une copie de l'un de ces derniers, Zatoichi vs the Flying Guillotine (même si j'ai d'abord cru à une fan-fiction récente, mais heureusement, ce n'était pas le cas !).




La légende veut que Shintaro Katsu, grand joueur devant l'éternel, ait été obligé de tourner ces films pour règler des dettes de jeu contractées lors d'un séjour sur l'île. Mais n'importe qui ayant déjà vu un des Zatoichi sera trompé 2 secondes par la ressemblance physique et les qualités de sabreur de ce masseur aveugle (même si côté mimiques et gestuelle, c'est assez bluffant).
L'histoire la plus vraisemblable autour de ce sosie est celle d'un concours national organisé par Foo Hwa Cinema (la société productrice de ces films) afin de dénicher le meilleur clone de Zatoichi. Un tenancier de bar dont le nom reste plus qu'obscur (car toujours crédité en tant que Shintaro Katsu) a gagné et a tourné quatre films (à ma connaissance, il y en a peut-être plus) : trois rip off de Zatoichi donc (Golden Sword and the Blind Swordsman aka The Hunchback aka Zatoichi the Blind Swordsman, 1970 ; Blind Hero Fighting Evil Wolf aka Zatoichi and the White Wolf aka The Blind Swordsman vs White Wolf, 1972 ; The Blind Swordsman's Revenge aka Zatoichi vs the Flying Guillotine aka A Sword Renounced, 1974) et un polar (Number One Iron Man aka Ironic Hero aka Inspector Karate, 1973).





Malgré la copie recadrée et dégueue (le lot quotidien de l'aventurier en cinéma d'exploit') et une absence de sous-titre anglais, l'histoire est assez compréhensible et les scènes d'action fréquentes pour que le film se suive avec plaisir.
La "formule" Zatoichi est appliquée : le générique le montre en train de marcher seul (ici dans un ruelle plus qu'étroite), il défend la veuve et l'orphelin, il passe par une maison de jeu , son handicap est à la fois sa force (il pêche au son et harponne son dîner à l'aide de son kiseru -pipe japonaise de bambou à embouts métalliques, de différentes tailles, ayant donné naissance à un art martial : le kiserujutsu-) et sa faiblesse (deux brigands tapent en rythme sur leur fourreau pour le désorienter), il y a quelques pointes d'humour...
Le personnage de Zatoichi se retrouve propulsé en plein wu xia pian et croise un guerrier ayant renoncé au combat et brisé son épée (d'où l'un des aka du film : A Sword Renounced) ressemblant grandement à Jimmy Wang Yu qui défend une femme (devenue veuve à cause de lui, jouée par Chan Pooi-Ling, vue dans Born Invincible de Joseph Kuo) et son fils, un autre épéiste voulant à tout prix affronté le guerrier à l'épée brisée et bien-sûr un homme maniant la guillotine volante (Kong Do, l'éternel bad guy vu, entre autres, dans Retour à la 36ème Chambre). Je n'ai pas bien compris les motivations de ce dernier mais à la limite, du moment qu'il affronte notre masseur aveugle, peu importe.
Et n'ayez crainte, il l'affronte. Le film tient ses promesses et s'avère être un bon petit morceau d'exploitation. La partie wu xia pian est énergique, ça charcle plus que sympathiquement (joutes nombreuses, gorge tranchée, main écrasée, décapitation...) et l'affrontement final Zatoichi / Flying Guillotine, introduit par une musique à la ligne de basse bien groovy, vaut vraiment le coup.
Il ne me reste plus qu'à dénicher les deux autres.


mercredi 11 février 2009

Go Funk Yourself #2

Non, le Funky Ronin n'est pas mort ! Il revient avec ce second épisode de Go Funk Yourself qui est consacré à un seul film mais non des moindres : The Last Dragon de Michael Schultz.


Am I the baddest mofo, low-down, around this town ?


A New-York, un jeune et candide black adepte des arts martiaux (à un point tel qu'il se balade dans Harlem en costume chinois et mange ses pop-corn avec des baguettes), Leroy Green (joué par le détenteur d'une ceinture noire Taimak) rêve de devenir l'égal de son idôle : Bruce Lee (ce qui lui vaudra le surnom de Bruce Leroy).
En lui remettant un médaillon, son maître lui annonce qu'il n'a plus rien à lui apprendre et qu'il doit atteindre le dernier niveau de son apprentissage seul. Ceux qui atteignent ce dernier niveau acquièrent "The Glow", une aura pouvant émaner de tout le corps si l'on devient ze best of ze best. Dans sa quête, Leroy affrontera le méchant producteur blanc Eddie Arkadian (Christopher Murney, sosie de George Costanza) et son homme de main crétinoïde (l'excellent Mike Starr) ainsi que, last but not least : Sho'nuff, le Shogun de Harlem (Julius Carry) pour les doux yeux de la belle Laura Charles (Vanity).


The Last Dragon est donc réalisé par Michael Schulz mais comme l'annoncent l'affiche et le générique c'est avant tout Berry Gordy's The Last Dragon.
Oui, LE Berry Gordy, fondateur du mythique label de Detroit : la Motown. Il avait déjà mis le nez avec succès dans la blaxploit' dans les 70s en produisant Lady Sings the Blues en 1972 et Mahogany (qu'il réalise) en 1975, deux films mettant en scène sa star du moment : Diana Ross.
Même topo donc en 1985, cette fois-ci pour appuyer le lancement de la fraichement signée dans les rangs de la Motown : Denise "Vanity" Mitchell, ancienne petite amie de Prince et ancienne chanteuse du girls band du Love Symbol : Vanity 6. Elle jouera ici la jeune et jolie présentatrice télé déniaiseuse d'apprenti petit dragon.
Bien que le film date de 1985, soit environ une dizaine d'années après l'apogée du genre, The Last Dragon est véritablement un film de blaxploitation, surfant sur le succès du premier Karate Kid.



Le film est tellement ancré dans les années 80 de par la bande originale, les vêtements (dont un savoureux caméo de William H Macy en veste de survêt' fluo), l'ambiance vidéoclip, les coupes de cheveux (celle de la protégée du producteur vaut son pesant de cacahuètes), des ghettos blaster à tous les coins de rue (Leroy rencontre trois chinois adèptes de Genesis et jivant comme les derniers des pimps) qu'il donne l'impression d'être devant un film de science-fiction, une capsule spatio-temporelle, un conte de fées qui pique les yeux.
Le métrage est aussi jonché de références à la filmo du Petit Dragon : la première confrontation Leroy / Sho'Nuff se déroule dans un cinéma projetant Opération Dragon (projection s'arrêtant pour l'entrée du Shogun de Harlem) dans ce qui ne peut être qu'un ciné de la 42nd avec son public hétéroclite (allant du rasta fumant un gros spliff au biker cloutée en passant par des b-boys dansant dans les allées de la salle) vivant ce qui se passe à l'écran ; Leroy revêtant l'habit jaune à bande noire lorsqu'il donne des cours kung fu aux gamins du quartier ; la carrure filiforme de Julius Carry le fait passer pour un Kareem Abdul Jabbar sous coco lors du combat final...
Le Glow de Sho'nuff n'est pas non plus sans rappeler Lo Lieh dans La Main de Fer et on a le droit a une apparition de Ernie Reyes Jr lors du combat de Leroy contre les mercenaires engagés par le producteur (mais si, vous savez, le gamin de la série Le Chevalier Lumière).


Il y a comme un petit quelque chose, non ?

La véritable attraction de l'entreprise est bien évidemment le personnage campé par le regretté Julius Carry (Lord Bowler dans l'excellente série Les Aventures de Brisco County Jr), Sho'Nuff le Shogun de Harlem, tout simplement jubilatoire en mégalomane à la tête d'une bande tout entière acquise à sa cause.

Sho’Nuff: Am I the meanest?
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: Am I the prettiest?
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: Am I the baddest mo-fo, low-down, around this town?
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: Well, who am I?
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: Who am I?
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: I can’t hear you!
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: The Shogun of Harlem!

A l'instar du personnage de Dolemite, Sho'nuff a eu un énorme impact sur la culture populaire et bien entendu sur le hip-hop (les lunettes de Kanye West, Busta Rhymes en Shogun de Harlem dans son clip Dangerous reprenant le fameux speech...) et pour causes. Un des meilleurs méchants de tous les temps, (Sho')nuff said.
Un remake est apparemment prévu (RZA en est un des producteurs) avec Samuel L Jackson pour reprendre le rôle de Julius Carry. Worst. Idea. Ever.





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lundi 8 décembre 2008

Friandise

En attendant une update plus conséquente, je ne résiste pas au plaisir de poster cette vidéo de mon idole de tous les temps qui chante le thème de la série télé Zatoichi durant une émission qui lui était consacrée (une autre video de cette émission est trouvable, où Katsu expose ses talents au shamisen et au chant accompagnant le théâtre kabuki : le nagauta).
Bref, hop :