jeudi 19 février 2009

Nikkatsu Action



Quelques posters Nikkatsu Action avec au casting Akira Kobayashi, Jo Shishido ou Tetsuya Watari en attendant la review de quelques uns de ces films...

















Et je vous laisse avec Tetsuya Watari chantant le thème du Vagabond de Tokyo de Seijun Suzuki.


mardi 17 février 2009

Zatoichi vs the Flying Guillotine






Le sympathique monde de l'exploitation étant ce qu'il est, le personnage de Zatoichi a lui aussi dû payer la rançon de la gloire cinématographique. Il a été parodié avec le tueur peroxydé en ayant après Sonny Chiba dans le premier Street Fighter (une inspiration du Zatoichi de Kitano ?) ou gentiment moqué dans Shokin Kasegi (The Killer's Mission) par le propre frère de Shintaro Katsu voire carrément plagié à travers le personnage d'Oichi the Crimson Bat (une photocopie au féminin du personnage de Zatoichi le temps de quatre films plutôt médiocres) ou les rip off taiwanais datant du début des 70s ...
C'est en cherchant des films mettant en scène la fameuse guillotine volante que je suis tombé pour mon plus grand bonheur sur une copie de l'un de ces derniers, Zatoichi vs the Flying Guillotine (même si j'ai d'abord cru à une fan-fiction récente, mais heureusement, ce n'était pas le cas !).




La légende veut que Shintaro Katsu, grand joueur devant l'éternel, ait été obligé de tourner ces films pour règler des dettes de jeu contractées lors d'un séjour sur l'île. Mais n'importe qui ayant déjà vu un des Zatoichi sera trompé 2 secondes par la ressemblance physique et les qualités de sabreur de ce masseur aveugle (même si côté mimiques et gestuelle, c'est assez bluffant).
L'histoire la plus vraisemblable autour de ce sosie est celle d'un concours national organisé par Foo Hwa Cinema (la société productrice de ces films) afin de dénicher le meilleur clone de Zatoichi. Un tenancier de bar dont le nom reste plus qu'obscur (car toujours crédité en tant que Shintaro Katsu) a gagné et a tourné quatre films (à ma connaissance, il y en a peut-être plus) : trois rip off de Zatoichi donc (Golden Sword and the Blind Swordsman aka The Hunchback aka Zatoichi the Blind Swordsman, 1970 ; Blind Hero Fighting Evil Wolf aka Zatoichi and the White Wolf aka The Blind Swordsman vs White Wolf, 1972 ; The Blind Swordsman's Revenge aka Zatoichi vs the Flying Guillotine aka A Sword Renounced, 1974) et un polar (Number One Iron Man aka Ironic Hero aka Inspector Karate, 1973).





Malgré la copie recadrée et dégueue (le lot quotidien de l'aventurier en cinéma d'exploit') et une absence de sous-titre anglais, l'histoire est assez compréhensible et les scènes d'action fréquentes pour que le film se suive avec plaisir.
La "formule" Zatoichi est appliquée : le générique le montre en train de marcher seul (ici dans un ruelle plus qu'étroite), il défend la veuve et l'orphelin, il passe par une maison de jeu , son handicap est à la fois sa force (il pêche au son et harponne son dîner à l'aide de son kiseru -pipe japonaise de bambou à embouts métalliques, de différentes tailles, ayant donné naissance à un art martial : le kiserujutsu-) et sa faiblesse (deux brigands tapent en rythme sur leur fourreau pour le désorienter), il y a quelques pointes d'humour...
Le personnage de Zatoichi se retrouve propulsé en plein wu xia pian et croise un guerrier ayant renoncé au combat et brisé son épée (d'où l'un des aka du film : A Sword Renounced) ressemblant grandement à Jimmy Wang Yu qui défend une femme (devenue veuve à cause de lui, jouée par Chan Pooi-Ling, vue dans Born Invincible de Joseph Kuo) et son fils, un autre épéiste voulant à tout prix affronté le guerrier à l'épée brisée et bien-sûr un homme maniant la guillotine volante (Kong Do, l'éternel bad guy vu, entre autres, dans Retour à la 36ème Chambre). Je n'ai pas bien compris les motivations de ce dernier mais à la limite, du moment qu'il affronte notre masseur aveugle, peu importe.
Et n'ayez crainte, il l'affronte. Le film tient ses promesses et s'avère être un bon petit morceau d'exploitation. La partie wu xia pian est énergique, ça charcle plus que sympathiquement (joutes nombreuses, gorge tranchée, main écrasée, décapitation...) et l'affrontement final Zatoichi / Flying Guillotine, introduit par une musique à la ligne de basse bien groovy, vaut vraiment le coup.
Il ne me reste plus qu'à dénicher les deux autres.


mercredi 11 février 2009

Go Funk Yourself #2

Non, le Funky Ronin n'est pas mort ! Il revient avec ce second épisode de Go Funk Yourself qui est consacré à un seul film mais non des moindres : The Last Dragon de Michael Schultz.


Am I the baddest mofo, low-down, around this town ?


A New-York, un jeune et candide black adepte des arts martiaux (à un point tel qu'il se balade dans Harlem en costume chinois et mange ses pop-corn avec des baguettes), Leroy Green (joué par le détenteur d'une ceinture noire Taimak) rêve de devenir l'égal de son idôle : Bruce Lee (ce qui lui vaudra le surnom de Bruce Leroy).
En lui remettant un médaillon, son maître lui annonce qu'il n'a plus rien à lui apprendre et qu'il doit atteindre le dernier niveau de son apprentissage seul. Ceux qui atteignent ce dernier niveau acquièrent "The Glow", une aura pouvant émaner de tout le corps si l'on devient ze best of ze best. Dans sa quête, Leroy affrontera le méchant producteur blanc Eddie Arkadian (Christopher Murney, sosie de George Costanza) et son homme de main crétinoïde (l'excellent Mike Starr) ainsi que, last but not least : Sho'nuff, le Shogun de Harlem (Julius Carry) pour les doux yeux de la belle Laura Charles (Vanity).


The Last Dragon est donc réalisé par Michael Schulz mais comme l'annoncent l'affiche et le générique c'est avant tout Berry Gordy's The Last Dragon.
Oui, LE Berry Gordy, fondateur du mythique label de Detroit : la Motown. Il avait déjà mis le nez avec succès dans la blaxploit' dans les 70s en produisant Lady Sings the Blues en 1972 et Mahogany (qu'il réalise) en 1975, deux films mettant en scène sa star du moment : Diana Ross.
Même topo donc en 1985, cette fois-ci pour appuyer le lancement de la fraichement signée dans les rangs de la Motown : Denise "Vanity" Mitchell, ancienne petite amie de Prince et ancienne chanteuse du girls band du Love Symbol : Vanity 6. Elle jouera ici la jeune et jolie présentatrice télé déniaiseuse d'apprenti petit dragon.
Bien que le film date de 1985, soit environ une dizaine d'années après l'apogée du genre, The Last Dragon est véritablement un film de blaxploitation, surfant sur le succès du premier Karate Kid.



Le film est tellement ancré dans les années 80 de par la bande originale, les vêtements (dont un savoureux caméo de William H Macy en veste de survêt' fluo), l'ambiance vidéoclip, les coupes de cheveux (celle de la protégée du producteur vaut son pesant de cacahuètes), des ghettos blaster à tous les coins de rue (Leroy rencontre trois chinois adèptes de Genesis et jivant comme les derniers des pimps) qu'il donne l'impression d'être devant un film de science-fiction, une capsule spatio-temporelle, un conte de fées qui pique les yeux.
Le métrage est aussi jonché de références à la filmo du Petit Dragon : la première confrontation Leroy / Sho'Nuff se déroule dans un cinéma projetant Opération Dragon (projection s'arrêtant pour l'entrée du Shogun de Harlem) dans ce qui ne peut être qu'un ciné de la 42nd avec son public hétéroclite (allant du rasta fumant un gros spliff au biker cloutée en passant par des b-boys dansant dans les allées de la salle) vivant ce qui se passe à l'écran ; Leroy revêtant l'habit jaune à bande noire lorsqu'il donne des cours kung fu aux gamins du quartier ; la carrure filiforme de Julius Carry le fait passer pour un Kareem Abdul Jabbar sous coco lors du combat final...
Le Glow de Sho'nuff n'est pas non plus sans rappeler Lo Lieh dans La Main de Fer et on a le droit a une apparition de Ernie Reyes Jr lors du combat de Leroy contre les mercenaires engagés par le producteur (mais si, vous savez, le gamin de la série Le Chevalier Lumière).


Il y a comme un petit quelque chose, non ?

La véritable attraction de l'entreprise est bien évidemment le personnage campé par le regretté Julius Carry (Lord Bowler dans l'excellente série Les Aventures de Brisco County Jr), Sho'Nuff le Shogun de Harlem, tout simplement jubilatoire en mégalomane à la tête d'une bande tout entière acquise à sa cause.

Sho’Nuff: Am I the meanest?
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: Am I the prettiest?
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: Am I the baddest mo-fo, low-down, around this town?
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: Well, who am I?
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: Who am I?
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: I can’t hear you!
Gang: Sho’Nuff!
Sho’Nuff: The Shogun of Harlem!

A l'instar du personnage de Dolemite, Sho'nuff a eu un énorme impact sur la culture populaire et bien entendu sur le hip-hop (les lunettes de Kanye West, Busta Rhymes en Shogun de Harlem dans son clip Dangerous reprenant le fameux speech...) et pour causes. Un des meilleurs méchants de tous les temps, (Sho')nuff said.
Un remake est apparemment prévu (RZA en est un des producteurs) avec Samuel L Jackson pour reprendre le rôle de Julius Carry. Worst. Idea. Ever.





video


lundi 8 décembre 2008

Friandise

En attendant une update plus conséquente, je ne résiste pas au plaisir de poster cette vidéo de mon idole de tous les temps qui chante le thème de la série télé Zatoichi durant une émission qui lui était consacrée (une autre video de cette émission est trouvable, où Katsu expose ses talents au shamisen et au chant accompagnant le théâtre kabuki : le nagauta).
Bref, hop :


jeudi 13 novembre 2008

Carl Douglas was right, bitches !


Une rubrique (kung-)fourre-tout pour parler en vrac de quelques kung fu pian, autre genre du cinéma d'exploitation que j'affectionne particulièrement (rubrique qui pourrait faire des petits, étant en pleine phase de boulimie de tatane old school). Pour cette fois, il sera question de 7 Grandmasters, Shaolin vs Wu -Tang et de Kung Fu Arts.




Un grand maître décide avant de se retirer de prouver à nouveau sa valeur en allant défier 7 autres maîtres. Accompagné de ses élèves et de sa fille, il se met en route à travers la Chine et croisera sur son chemin un jeune homme désireux de devenir lui aussi son disciple. Mais ce dernier cache un bien sombre secret... (tin tin tin)


Nous sommes donc en présence d'une prod' indépendante de 1978 en direct de Taïwan dont le scénario prétexte concentre pour notre plus grand bonheur tous les gimmicks du film de kung fu : relation maître/élève, apprentissage, méchant très méchant aux cheveux blancs, passage par une maison de thé, trahison, retournement de situation, un poil de comédie...
Et surtout des combats au coeur de la narration. Et quels combats ! Avec Joseph Kuo a la réal' (à qui l'on doit le génial Born Invincible), Jack Long dans le rôle du grand maître et la famille Yuen à la chorégraphie (Corey et Cheung Yan), les très nombreuses joutes sont dantesques et jamais redondantes. Peut-être plus que le duel final, le combat qui voit le grand maître mettre à l'amende l'expert en armes est incroyable et je me demande encore comment ils ont fait pour ne pas qu'il y ait de mort ou au moins un oeil crevé.
Un véritable petit bijou de kung fu old school, sans cable donc et tourné en extérieurs, une bonne alternative en cas d'overdose aux décors fluos de la Shaw.

Joseph, je t'aime !







Deux amis, l'un disciple de Shaolin (et ses fameuses techniques de poings), l'autre du Wu Tang (et son escrime réputée) vont être forcés de s'affronter à cause des machinations de l'empereur pour s'approprier les connaissances des deux styles de combat.

Un autre 'tit indé, signé Liu Chia-Liang cette fois, des plus basiques dans son scénario : trahison, entrainement, morale sauve... Reprenant pour beaucoup la trame de La 36ème Chambre de Shaolin (de... Liu Chia-Liang), le métrage est dans le plus pur style du réalisateur : peu de morts, pas d'effusion de sang à la Chang Cheh, combats réalistes et très peu, voire jamais cablés (au contraire d'un King Hu), ainsi que des pré-génériques toujours épiques (épiques... et colégram), ici très psychédélique.
Le film sort du lot grâce aux performances martiales, notamment celles des deux acteurs principaux : Gordon Liu (adepte de Shaolin) et Adam Cheng (épeiste du Wu Tang) et la bonne idée du pitch de faire s'opposer ces deux styles.
Pas un chef d'oeuvre du genre donc mais un très bon kung-fu pian de son état.


La version ricaine annonce Gordon Liu comme réal mais ne vous y trompez pas, c'est bien Liu Chia Liang derrière la caméra.





Carter Wong (mais si vous savez, Tonnerre dans Les Aventures de Jack Burton dans les Griffes du Mandarin, aka Kill Bill avec 20 ans d'avance et en 20 fois mieux... bref), Carter Wong donc doit épouser la fille de l'empereur. Mais par une nuit sans lune, une tentative d'assassinat est perpétrée contre sa majesté et dans la confusion, notre Carter Wong se retrouve à lancer une fléchette empoisonnée sur sa promise et se retrouve banni. Pour sauver sa fille, l'empereur décrète alors que quiconque pouvant la soigner se verrait offrir sa main. Entre en scène le chimpanzé...


De la trahison ! des zooms ! de la vengeance ! des flash-backs ! des singes !
Mélange de genres, quand tu nous tiens... Dans cette nouvelle prod' indé en direct de Taïwan, on passe du pur drame antique à la gaudriole simiesque (et aussi de la gaudriole antique au drame simiesque) en un battement de paupière avec de-ci, de-là du kung-fu (technique du cheval, du tigre et... du singe) plutôt bien emballé (et chorégraphié par Carter Wong).
Il est fort probable que l'histoire soit tirée d'une légende locale mais je n'ai pas pu, à mon grand regret, en avoir confirmation.


Contenant son lot de passages totalement "autres" : le mariage de la princesse et de son sauveur de chimpanzé (joué et je cite le générique, par Sida the French Monkey Star) ; Carter Wong courant dans la forêt comme un dératé, se parlant à lui même en résumant les enjeux au spectateur ; la naissance d'un enfant alors que la princesse et le singe sont seuls sur une île depuis un petit moment (enfant qui, bien entendu, communique avec les singes, nous donnant droit à une attaque finale du palais par des macaques pleine, pour notre plus grand plaisir, de gags au raz de la ceinture)... cette histoire de courtisans comploteurs se déguste avec délectation et vous fera économiser un peu de drogue grâce notamment au doublage anglais (seul moyen de le voir apparemment).





dimanche 2 novembre 2008

Go Funk Yourself #1

Voici donc un nouveau rendez-vous sur le Funky Ronin autour de la blaxploitation. Il me servira de prétexte pour aborder le genre via un théme, un acteur, un compositeur ou tout simplement un film (suivant l'humeur du moment)...

Pour ouvrir le bal, deux métrages, exploitation jusqu'au bout des ongles, mettant en vedette le très baadasssss James Inglehart (parfois crédité Iglehart) dans des productions / réalisation du fraîchement regretté Cirio H. Santiago, disparu le 26 septembre dernier.
Je dois avouer ne pas avoir trouvé grand chose sur la biographie de notre bon James que vous avez peut-être déjà vu dans Beyond the Valley of the Dolls de Russ Meyer, dans le rôle de Randy Black. Il aurait été joueur de foot u.s. chez les Steelers de Pittsburgh (quand ils s'appelaient encore les Pirates) selon certaines sources, baseballer selon d'autres (l'équipe de baseball de Pittsburgh s'appelant aussi les Pirates)... bref, le mystère plane.



Commençons avec Bamboo Gods & Iron Men (1974, Cesar Gallardo)...
Cal "the Champ" Jefferson, champion de boxe (James Inglehart, donc), est en voyage de noce avec madame à Hong Kong (enfin aux Philippines, mais chhhhhut), lorsqu'il sauve un chinois muet de la noyade entre deux emplettes de Bouddha en bois. Le rescapé (joué par Chiquito, déjà cité en ces lieux pour TNT Jackson) les suivra désormais partout en vertue de la croyance asiatique qui veut que si un homme en sauve un autre, le vie du sauvé appartient au sauveur.
De son côté, le méchant de l'affaire, joué par Ken Metcalfe (lui aussi mentionné auparavant pour TNT Jackson et toujours co-scénariste, production Cirio H. Santiago oblige) court après une poudre magique censée le faire devenir maître du monde. La-dîte poudre se retrouvant bien entendu cachée dans le Bouddha en bois acheté par le jeune couple...

Bonjour, je suis Ken Metcalfe.

Bonjour Ken Metcalfe !

Bonjour Ken Metcalfe !!!

Voilà un étrange mélange de blaxploitation, de kung fu et de comédie qui, si l'on n'est pas trop regardant sur les trous du scénario, fonctionne plutôt bien. La musique, dont un thème funky vraiment pas mal, est accrocheuse. Pour l'anecdote, elle est signée Tito Sotto, devenu sénateur au congrès philippin durant les années 90.
Il y a une véritable alchimie entre Inglehart et sa partenaire (Shirley Washington), à croire qu'ils étaient vraiment en couple. Quand à Chiquito, il est plus en forme que dans TNT Jackson. Ses scènes de combat sont, toutes proportions gardées, bien emballées et les scènes de melting pot de la chicore (Chiquito et Inglehart s'apprenant leur technique respective) mettent sur un pied d'égalité les deux protagonistes dans un esprit bon enfant (on sent au travers de ces passages que le montage philippin devait accordé plus d'importance à la star qu'était Chiquito).


Nous avons bien entendu droit à notre (petite) dose de demoiselles dénudées comme dans la scène du salon de massage où nos héros se battent contre l'homme de main de Ken Metcalfe.
Des moments de burlesque décomplexé parsèment le film et étonnamment, ils ne font pas tâche. L'entreprise se termine d'ailleurs dans un grand éclat de rire à propos de la fameuse poudre, non sans avoir été précédé d'une dernière baston et d'un dernier catfight.




Le second film dont j'aimerais vous causer n'est autre qu'un de mes blaxploitation-pas-connu préféré, j'ai nommé Savage ! de Cirio H. Santiago (1973).



Première incursion de son auteur dans la blaxploitation, le film lui a été commandé par papy Corman qui voulait un "film de mercenaire noir" pour New World Pictures. Aussitôt dit, aussitôt fait. Nous voilà donc embarqués dans les aventures de Jim Haygood, mercenaire à la solde du gouvernement (joué, comme par hasard, par monsieur Inglehart).
A la suite d'une opération commando servant de pré-générique, il capture le chef des rebelles locaux, Moncada, qu'il remet au major Melton (Ken Metcalfe, encore et toujours). Alors qu'il fête cette victoire en charmante compagnie, un journaliste lui annonce l'assassinat de Moncada. Notre mercenaire va alors peu à peu changer de camp et lutter contre le gouvernement pour finir en libérateur du peuple, nous donnant droit à une série B d'action plutôt bien troussée et très rythmée, au parfum révolutionnaire.


Parmis les passages exploit' (ici : explosions en tout genre, torture de femme à la gégène, viol par des militaires, scène de baignade en tenue d'Eve sortie de nul part, un poil de gore...), les nombreuses scènes d'escarmouches entre l'armée et les rebelles ne font pas (trop) ressentir le budget riquiqui de la prod, la jungle n'étant pas ce qui manque aux Philippines et les passages de guerilla urbaine ne nécessitant que peu de figurants.
De plus le cheminement 'psychologique' du personnage est intéressant et assez original, le porte-flingues gouvernemental mysogine découvrant grâce aux péripéties et la rencontre de deux femmes d'action qui vont devenir ses lieutenants (Amanda, habile au lancé de couteaux (Carol speed) et Vicki (Lada Edmund Jr), se balladant en body jaune canari en pleine jungle et adepte de la machette) qu'une conscience politique, c'est bien aussi. Du coup, le côté renfrogné et "tough guy" d'Inglehart sied bien au personnage.

A ne pas oublier non plus, le très bon score de Don Julian (pour une fois sans les Larks, avec qui il signera, entre autres, le tout aussi bon score du film jamais sorti Shorty the Pimp), oscillant entre le funky et le lounge. Dommage que ce film ne soit pas plus connu (et surtout accessible).





Avant de vous laisser, une petite pensée pour Rudy Ray Moore, aka l'inoubliable Dolemite, qui nous a quitté le 19 octobre à l'âge de 71 ans.

Dolemite, mothaFUCKA !!!


mercredi 29 octobre 2008

Taoism Drunkard

Après plus de trois mois d'absence, le Funky Ronin reviens ! Vous êtes contents ? Allez, oui, on va dire que vous êtes contents. La prochaine update ne prendra pas autant de temps (elle est pour ce week-end) et débutera un rendez-vous que j'espère régulier (en tout cas pas trimestriel).
En attendant, une petite chronique d'un kung-fu pian whatzefuck-esque :



Ami(e?)s de l'humour qui tache et des chorégraphies martiales réglées au quart de poil, bienvenue. Il est donc question de Taoism Drunkard de Yuen Cheung-Yan. Ce n'est pas trop la peine de se soucier de l'histoire mais pour l'anecdote, nous sommes en présence d'une suite du Miracle Fighters de Yuen Woo-Ping dans laquelle Old Devil (Yuen Shun-Yee), le méchant très très méchant reconnaissable à son rire machiavélique après un gros plan zoomé sur son visage, vient se venger du sort qui lui avait été réservé dans le précédent film. Un vieux prêtre taoïste aux dents de rongeur et passablement alcoolique (Yuen Cheung-Yan) est désigné pour former un jeune homme naïf joué par Yuen Yat-Chor (figure du puceau niais autrement appelé cherry boy, plutôt récurrente dans le genre) censé vaincre le grand méchant.


L'humour est typique des comédies kung-fu des 80s, c'est à dire bien gras et visant le slip.
On y retrouve pêle-mêle une femme énorme se servant de son poids pour se battre, un vieux maître pourvu de piques, une voiture à pédales en forme de souris, une grand-mère voyante / arnaqueuse (aussi jouée par Yuen Cheung-Yan), une boule de fer qui s'ouvre pour en laisser s'échapper de plus petites, du kung fu du ruban de soie et enfin et surtout, un monstre-boule pourvu d'antennes palpatrices et de deux rangées de dents, intelligemment nommé le banana monster à cause de son attirance pour ces fruits poussant en régime ainsi que pour les attributs masculins...


A la chorégraphie des nombreux combats se trouve donc le clan Yuen (comme le casting a pu vous le faire comprendre) avec en tête le désormais célèbre de par le monde Woo-Ping, assurant un spectacle de haute volée tout au long du métrage. C'est d'ailleurs ce qui fait la différence avec la foultitude de prods similaires sorties à HK durant ces années 80.
Une quasi suite, toujours chorégraphiée et interprétée par le clan Yuen, sortira la même année sous le titre de Shaolin Drunkard et elle vaut aussi le coup d'oeil.